> Première Heure: quand un producteur fait sa mue

21.01.2009

Première Heure, première société de production de films publicitaires française, a entamé sa mue il y a quelques années… comme l’ont attesté ses travaux de production en digital sur des campagnes récompensées par deux Cyberlions à Cannes en 2006 et 2007 ou encore le Grand Prix Stratégies Média 2008.

Rencontre avec Patrice Haddad, notre « corporate sponsor », qui nous parle de l’année écoulée, des réalisations des artistes qu’il représente et de l’actualité de sa société…

Première Heure reste connue pour son activité historique sur la production de films publicitaires…des motifs de satisfaction dans ce domaine ?

Nous avons produit quelques films marquants, certains short-listés à Cannes (Arnaud Roussel pour le spot Le Parisien, Fredrik Bond avec Canal + Families), d’autres particulièrement emblématiques (le dernier Nespresso avec Georges Clooney, le dernier Citroën par Sébastien Chantrel ou encore Le Golf par John Dolan…)

Mais la satisfaction, c’est d’abord la qualité des travaux des réalisateurs que nous représentons… Et à ce sujet, on est assez fiers de voir que 3 long métrages de « nos » réalisateurs ont atterri dans le « top 10″ 2008 des Inrocks… (Wes Anderson, O. Assayas, C. Honoré). Ou de voir d’autres sortir des premiers longs que tout le monde attend, comme celui de Nicolas Saada… ou, enfin, les nouveaux films de réalisateurs incontournables, comme « l’étrange histoire de Benjamin Button », le dernier David Fincher avec Brad Pitt. Et n’oublions pas Philippe Pollet Vilard, qui a décroché un César et un Oscar cette année, avec son court-métrage « le Mozart des pickpockets ».

On a aussi été plus que jamais partenaires de nos réalisateurs dans leurs ambitions, en particulier sur les court métrages: nous avons assuré la production exécutive d’Hotel Chevalier, le court de Wes Anderson loué par la presse (  » sublime  » , dixit Chronic’art), co-produit celui de Sean Ellis ou de Shaun Severi (prod Why US), sélectionné à Clermont Ferrand.

Enfin, nous avons aussi réalisé quelques clips dont on est assez fiers ( ceux de Housse de Racket et Tahiti 80 par Romain Chassaing , celui de Cazals par André) et nous sommes investis aux côtés d’artistes contemporains tels que les M/M ou Christelle Lheureux.

Vous avez lancé d’autres labels ces dernières années, le print, l’animation, la musique, le digital, etc, quel bilan en tirez vous ?

L’idée est , plus que jamais, de donner la possibilité aux artistes de s’exprimer sur tous les territoires d’expressions, sur tous les supports pertinents.

A ce titre, on a, je crois, bien négocié le virage.

La France – TBWA en l’occurrence – a obtenu un Lion d’Or à Cannes cette année (en print). Et c’est un de nos artistes – Baptiste Massé, artiste 3D – qui a réalisé le visuel… Après les 2 cyberlions de 2006 et 2007, je crois que nous avons fait la démonstration que nous avons toujours un quart d’heure d’avance, surtout dans des domaines où nous sommes moins connus…
Nos artistes 3D Print, associés à ce Lion d’Or, ainsi qu’à 2 Eurobest et 2 Epica cette année, seront d’ailleurs regroupés dans Mécanique Générale, label expert que nous lançons cette année…

Et puis il y a l’animation et l’illustration, avec Miss FX… où, là encore, nous sommes fiers de voir certains de nos artistes consacrés, comme Antoine + Manuel, qui viennent d’être invités par le musée des Arts Décoratifs pour monter une belle exposition…

Sur la musique, Schmooze, notre label de synchronisation, s’est imposé sur son marché comme une vrai référence de la supervision musicale et de la produciton de bandes sons tant dans le secteur du film publicitaire que de celui du long métrage.

Dans la foulée, nous avons créé KUSKUS, un label de production et maison d’édition musicale en offrant des opportunités de développement nouvelles aux artistes : synchro, association avec des marques. HOUSSE DE RACKET, premier artiste du label a bénéficié à plein de ces synergies. Profitant d’un accueil média et critique unanime de l’album, KUSKUS a su offrir au groupe des axes d’exposition supplémentaires issus des savoir faire du groupe PREMIERE HEURE (synchro pub monde LACOSTE PARFUMS, association avec XBOX pour campagne virale, etc…)

En ce qui concerne le digital, je peux annoncer aujourd’hui que nous relançons Milk avec de nouvelles ambitions, avec l’arrivée d’un nouveau dirigent, Guillaume Sartre, ancien patron de studio digital, ancien de chez Blizzard Entertainment ou il a préparé le déploiement sur le marché Européen du fameux jeu massivement en ligne World of Warcraft ; Il retourne en suite chez Vivendi Games en tant que directeur marketing digital Europe, et quittera le groupe fin 2006 pour fonder le studio Hotlobster Entertainment. Depuis 2009, il dirige Milk, le label digital (web, mobile, jeu vidéo) de Première Heure, qui apporte une véritable expertise web, évidemment, mais aussi mobile et jeux vidéo, ce qui est pour nous fondamental… Nous sommes donc en situation de produire des applications mobiles ou jeux vidéo pour Iphone, ou d’intégrer des technologies particulièrement créatives sur des évènements (du type réalité virtuelle, digital art, etc.) ce qui devrait nous permettre de consolider notre position de partenaire privilégié des agences et web agencies cherchant une expertise particulièrement pointue… alliée à « l’œil Première Heure » pour les images, bien sûr…

Tout ce travail nous a poussé a lancer un blog (www.blended.fr) pour offrir notre point de vue, celui du producteur, sur ce que certains appellent la « convergence culture » (convergence des média, ou culture du « tout écran ».). On avait envie de proposer une synthèse des manifestations les plus significatives liées à la disparition des frontières entre culture, entertainment, média et publicité, entre tv, ordi, mobile et console, pour aborder autrement quelques collaborations clés entres marques et artistes… Une synthèse pour aider les uns et les autres à rester dans l’air du temps, à un moment où parvenir à faire le tri entre l’important et l’essentiel devient un facteur clé de succès pour bon nombre de décideurs… On y parlera donc aussi bien de séries que de jeux vidéo, de publicité que d’art contemporain… et ce, bien sur, sur tous les « écrans ».

Vous avez été précurseur sur les contenus de marques dés 2006 avec La Dare de Wilkinson (Milk pour Médiaedge), Hot Dog de Quick( Buzzman, incubé par Première Heure pendant 2 ans), la franchise « Championnat de France de repassage » de Philips (Les Résidents), marché dans lequel tout le monde s’est engouffré depuis…

La production de contenus est une chose naturelle pour nous, dés lors que notre fond de commerce reste et restera des artistes: des réalisateurs, mais aussi des auteurs, des illustrateurs, des artistes 3D, digital artists, musiciens, qui permettent d’accoucher de dispositifs capables de trouver leur public. En ce sens, je suis convaincu que l’expertise production fera la différence sur ces opérations dont le principe est bien différent de celui de la publicité traditionnelle…Sur les fictions de marque en particulier, il s’agit bien de créer une audience…qui choisira, ou pas, de s’exposer au contenu. La qualité de l’écriture et la collaboration avec des auteurs devient un élément clé dans la chaine de valeur… appelant à des collaborations renouvelées entre agences et boites de prod, sur le modèle Anglo Saxon. Le programme court que nous avons réalisé pour l’INPES (écriture par Thomas Lautner, réalisation de Medhi Charef), avec Leg et Carat, diffusé sur M6, en a été une belle démonstration, où chacun a joué son rôle à plein…



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