> Le futur du cinéma indépendant
01.08.2011Comme chaque année, le magazine référence en matière de films indépendants, FilmMaker Magazine, a publié la liste des 25 nouveaux visages de la création hors mainstream. Un Who’s Who de notre avenir visuel que Blended ne pouvait s’empêcher de décortiquer.
Les parcours sont souvent atypiques. Du court métrage de fin d’étude, au changement de vie de la cinquantaine, chacun a connu son épiphanie. Ils sont tous passionnés, passionnants, citent Rohmer, Fellini ou leur grand-père comme source d’inspiration.
A l’heure où le diktat du pop-corn, des produits dérivés et des films pour enfants (et on ne parle même pas de la 3D) règnent sur Hollywood, voilà la liste des artistes, des amoureux, des poètes, des rebelles.
Pendant tout ce mois d’août, Blended vous propose de vous conter une histoire par jour. Celle d’un homme, d’une femme qui aime le cinéma et qui est bien décidé à partager cet amour. Alors, laissez tremper les pieds dans l’eau et laissez voyager votre imagination dans un univers différent par jour. Que votre coeur se remplissent de ces images inédites, de ces cris d’espoir et de désespoir. Il vous en faudra en stocker pour plonger à nouveau dans la basse réalité dès septembre.
On vous laisse avec une phrase du grand Raimu. « Ah, le cinéma ! Qu’est-ce que ce serait s’il n’y avait pas la caméra ! Ce serait… merveilleux, tout simplement ! ». Vous n’avez pas de caméra ? Tant pis, n’oubliez pas que la vie est un film et que vous avez la chance d’en avoir le premier rôle.
Alrick Brown, cinéaste engagé
Le moins que l’on puisse dire, c’est que cet américain est devenu réalisateur par vocation. Quand il se penche sur son parcours, il entrevoit plusieurs moments décisifs. Deux sont particulièrement révélateurs de son engagement. D’abord, la compréhension de ce qu’est le cinéma dans notre société lors d’une de ses journées de cours dans le New Jersey où il réalise que ses élèves ne s’intéressent qu’aux films et aux clips. Et ensuite, la révélation, lors d’un séjour au Ghana avec les Peace Corps. Dans ce monde de désolation, il plonge en lui-même et se demande ce qu’il veut faire de sa vie. L’épiphanie : il veut être réalisateur.
De ce parcours, Alrick garde une profonde pédagogie. Ses films veulent transmettre, si ce n’est apprendre. Mais plus que ça, il s’engage. N’utilisant que des toiles de fond politiques, voir dramatiques pour narrer l’intimité des personnages. A moins que ce ne soit l’inverse.
Il commence avec un film tragi-comique, The Adventures of Supernigger. Une fantaisie basée sur l’affaire Amadou Diallo. Il enchaîne avec US : A Love Story traitant des violences conjugales. Deux films qu’Alrick Brown réalise dans le cadre de ses études à la New York University. Deux films au contenu social affirmé, sans jamais oublier l’intérêt de la mise en scène et de la narration. Alrick ne fait pas de documentaires. Mais le film qui va le révéler et lui ouvrir les portes du festival de Sundance, s’appelle Kinyarwanda. Une idée qui lui vient alors qu’il correspond avec un ami rwandais qui veut parler du génocide de 1994. Alrick se propose et tourne le film en 16 jours avec des acteurs amateurs pour un budget de 250.000$. Comme d’habitude, Alrick raconte la grande histoire au travers des intimités. Ici, 6 personnages : un couple mixte tutsi/hutu, un enfant, un soldat, deux tourtereaux, un prêtre et un Imam. A Sundance, Alrick Brown remporte le prix du public, mais pour lui, il n’existe qu’une récompense possible : que le film plaise aux Rwandais. « C’est à eux que je pensais en écrivant le script. C’est leur histoire, leur vie ».











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